J’ai de l’argent donc je suis !

Le « Bling-Bling » a pu paraitre assez folklorique et second degré mais malheureusement il n’en n’est rien et Jacques Seguela, grand ami et entremetteur du Président de la République, l’a prouvé avec une déconcertante sincérité (très rare chez ce communicant langue de bois et courtisant) :


Ce discours « droite décomplexée ou gauche caviar » est scandaleux, particulièrement dans la période actuelle. Mélange de cynisme, d’absences d’humilité et de respect mais surtout grande pauvreté de vie !

En effet, qui est le plus riche : celui qui, arrivé à 50 ans, pense que la seule réussite d’une vie est financière ou celui qui a conscience que l’essentiel de la vie est dans la connaissance, l’amour, la famille, l’amitié, la culture, l’échange… ?

 

La relance, avant tout un problème de conception…

La crise financière et économique que nous vivons actuellement montre que le système capitaliste et ultra-libéral est un échec.

Ce constat doit entrainer deux réactions : à court terme, relancer au plus vite l’économie mondiale afin de limiter les conséquences sociales de la crise et, à long terme, changer le fonctionnement et les règles de l’économie mondiale afin d’établir un nouveau modèle de société.

La relance, pour être efficace, doit être coordonnée au niveau mondial mais choisie par chaque pays. Il ne faut pas confondre ces mesures d’urgence avec la volonté de créer une nouvelle société, action de plus longue haleine qui instaurera une meilleure répartition des richesses et des valeurs fondamentales différentes.

Ainsi, les plans de relance nationaux doivent être adaptés aux caractéristiques propres à chaque pays, ils doivent être importants, ciblés et d’exécution rapide.

En France, le plan de relance doit comporter une politique spécifique de soutien des investissements et plus généralement de l’offre (Ce qui vise en priorité les entreprises qui génèrent les emplois sur le sol français) mais sans pour autant négliger une aide ponctuelle aux ménages et aux citoyens les plus démunis afin d’atténuer les effets de la crise sur les plus fragiles.

Une chose est sûre : la solution ne peut être le recours massif à l’emploi publique, comme le proposent les socialistes toujours aussi archaïques, solution qui aurait pour conséquence d’alourdir durablement les finances publiques (on ne peut, en effet, concevoir de renvoyer ces nouvelles recrues une fois la crise résorbée !). Par ailleurs, cela ne crée pas de richesse, seulement des coûts de fonctionnement et constitue une relance de l’économie par la consommation et donc au profit des importations et non de l’emploi national.

Ce plan doit être ponctuel, limité dans le temps, pour ne pas augmenter structurellement le déficit déjà très important de l’Etat. C’est une des raisons qui explique que la suppression de la Taxe Professionnelle  n’est pas une bonne idée (sans oublier les problèmes de financement et de motivation pour les collectivités locales). Une hausse du SMIC serait elle aussi critiquable puisque d’effet définitif et non temporaire, de plus l’offre (de produits ou services) des entreprises françaises serait alors touchée par une baisse de compétitivité, et la consommation des ménages profiterait davantage encore aux importations. Ce type de relance serait ainsi d’effet nul, voire négatif, sur les emplois nationaux.

Enfin, pour que le plan de relance soit pertinent, il doit être important et immédiat. Or, notre gouvernement n’a fixé que 15 Milliards d’euros sur 2 ans à injecter en supplément aux investissements (le reste n’étant que des avances de trésorerie).

En 2009, c’est donc un budget supplémentaire d’environ 5 Milliards d’euros qui sera investi dans notre économie, soit 0,25% du PIB Français, contre 1% du PIB décidé en Allemagne (2% sur deux ans) et 5% du PIB aux Etats-Unis (Le plan « Obama » prévoit 800 Milliards de dollars).

Le plan de relance français, s’il va dans le bon sens, manque cruellement d’envergure : il n’est pas assez important, pas assez rapide et pas assez ciblé. Il est donc urgent d’en concevoir un second !…

Adrien DEBEVER

Et maintenant…la Justice !

Le Président de la République dans sa boulimie de réformes souhaite la suppression des juges d’instruction pour confier les enquêtes au seul parquet.

Cette réforme se veut une réponse au fiasco judiciaire de l’affaire Outreau. Si cette terrible affaire a mis en lumière des besoins de réforme de l’instruction et des enquêtes judiciaires au sens large, la réponse donnée par la présidence de la République semble curieuse et quelque peu radicale, à moins que cela ne cache d’autres objectifs…

Le recours au juge d’instruction est une procédure qui reste exceptionnelle, réservée aux affaires sensibles ou complexes (pénales bien souvent). Ces magistrats du siège offrent ainsi une garantie d’indépendance par rapport au pouvoir exécutif.

Si demain, toutes les enquêtes judiciaires sont confiées aux magistrats du parquet, alors qu’ils sont nommés par le pouvoir politique et contrôlés par la Chancellerie, l’exécutif pourra décider de la pertinence d’instruire ou non les affaires !

Après une reprise en main des médias, avec la nomination du président de la télévision publique directement par le chef de l’Etat, c’est maintenant une atteinte à l’indépendance de la justice qui est engagée par l’Élysée.

Ceci n’a rien d’anodin : rappelons, en effet, que la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire voir médiatique) est une des bases de la démocratie. A l’avenir, la réforme souhaitée par l’Elysée permettra surtout d’étouffer des affaires gênantes pour le pouvoir en place (à l’image de ce que Berlusconi a installé en Italie)…

La France a un besoin urgent de réformes profondes, sur ce constat nous sommes nombreux à être d’accord, mais on ne peut pas cautionner des changements qui se traduisent par une confiscation du (des) pouvoir(s) par une élite, aussi éclairée soit-elle !

Adrien DEBEVER

Conso, Boulot, Dodo – 7 jours/7

Serait-ce mon dernier dimanche où je ne suis pas obligé de travailler, pendant lequel j’en profite pour écrire ce billet? En effet, le gouvernement souhaite libéraliser  le travail le dimanche, dernière déclinaison du « travailler plus pour gagner plus ». Derrière ce slogan, c’est le projet de société du candidat Sarkozy, devenu Président, qui transpire : il souhaite calquer le modèle anglo-saxon à la société française.

Cela implique pour tous de s’accomplir sur le plan personnel par la consommation de masse et pour beaucoup un cumul de plusieurs petits  emplois tout au long de la semaine pour pouvoir s’en sortir, compte tenu de salaires trop bas et d’une précarité constante de l’emploi.

Cette société de l’argent est bien loin du modèle humaniste auquel beaucoup d’entre nous aspirent plus ou moins consciemment.

Le dimanche, en effet, est un jour essentiel qui permet de faire une pause dans notre consommation compulsive. Il nous permet d’exprimer  les autres facettes de notre personnalité et de répondre à nos besoins de culture, de sport et de spiritualité.

C’est aussi du temps à consacrer à nos proches et nos familles, pilier de toute civilisation. Cette journée commune permet l’éducation des enfants,  la transmission des valeurs et des savoirs entre les générations.

Dans sa Lettre à l’éléphant, Romain Gary, dès 1968, percevait ce péril : « Dans une société, vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs. Dans un tel monde, il se pourrait bien qu’il n’y eût plus de place pour l’Homme. Tout ce qui restera de nous, ce seront des robots ».

En 2008, il faut donc, plus que jamais, lutter pour que l’humain ne soit pas réduit à une force productive ou une cible marketing. Cette lutte passe par la liberté  et  le  droit de ne pas travailler et de ne pas consommer le dimanche…

Adrien DEBEVER

Réforme de France Télévision : symbole d’une gouvernance !

La disparition de la publicité sur France Télévision et la désignation de son président par le chef de l’Etat, voilà une réforme qui symbolise parfaitement la gouvernance de Nicolas Sarkozy.

Sous prétexte de moderniser et de rendre plus qualitative l’offre de la télévision publique (ce qui peut être traité de façon bien différente), le Président de la République atteint deux objectifs qui sont récurrents dans un grand nombre de mesures prises depuis son élection :

– Centraliser sur sa personne un maximum de pouvoir et  maitriser le plus possible les médias afin de contrôler le traitement de son image en limitant la critique et la caricature (dérives déjà observées en Italie avec Berlusconi).

– Œuvrer en priorité dans l’intérêt des « élites économiques et capitalistiques » du pays, les grands groupes, et plus particulièrement les « grands patrons » qui sont ses amis personnels. Cette réforme offre ainsi une manne financière inespérée aux chaines privées (car la disparition de la pub sur les chaines publiques fait monter la demande d’espaces pub dans le privé ainsi que les prix) et en particulier TF1 qui appartient à un certain Martin Bouygues !

Cette pratique du pouvoir ne fait pas l’unanimité dans les rangs de la majorité mais seules quelques voix se font entendre. C’est sur des sujets comme celui-là que le parlement doit jouer son rôle et défendre l’équilibre des pouvoirs et cela, toutes étiquettes politiques confondues…

Adrien DEBEVER

L’implosion du PS ?

C’est un bien triste spectacle que nous a offert le Parti Socialiste lors du renouvellement de sa direction nationale. C’est un parti plus que jamais sclérosé et incapable de se renouveler avec des pratiques d’un autre âge. En effet, que penser de ce vote qui se voulait un modèle de démocratie et qui, à l’arrivée, est une succession de tricheries où les fédérations départementales rivalisent en techniques de magouilles (à noter la belle performance de la fédération girondine !).

Derrière ce constat pathétique, il se dégage une réalité : le PS n’est plus capable de jouer son rôle de parti d’opposition, et de proposer un projet alternatif au pouvoir en place. Ce parti est profondément coupé en deux sur la base de conflits de personnes fratricides et sans doute irréversibles. Mais, plus grave encore, c’est la ligne politique qui n’existe plus, les socialistes sont aujourd’hui composés de courants si éloignés idéologiquement qu’un projet de société commun et cohérent est impossible.

Plus que jamais le Modem représente la solution à cette absence de propositions et de contre pouvoir. Sa modernité et son projet de société doivent maintenant prendre de l’ampleur et fédérer autour de lui toutes les personnes qui prônent un capitalisme social (cela concerne autant les héritiers du gaullisme que certains partisans de Ségolène Royal).

Il ne faut pas avoir peur du changement, car c’est dans la nouveauté que l’on trouvera l’énergie nécessaire pour surmonter nos difficultés actuelles…

Adrien DEBEVER

Retour de Cap Esterel

De retour de l’université de rentrée du Modem, le premier bilan c’est celui d’un parti qui fait preuve d’unité et qui respire la joie de vivre. L’ambiance fut en effet studieuse et très festive. Après un été qui aura vu la très forte présence médiatique de François Bayrou, le parti est en ordre de marche pour les prochaines échéances et en particulier les élections européennes pour lesquelles nous avons un rôle majeur à jouer.