Présentation en Conseil municipal du lancement d’une étude pour un Tram-Train Bordeaux-Lacanau

Ecrit le 24 juin 2017

Intervention d’Adrien Debever, Adjoint au Maire, lors du Conseil municipal de Lacanau du 22/06/17 pour présenter la délibération suivante :

N°DL22062017-10 : Création d’une liaison tram-train entre Lacanau et la métropole de Bordeaux – Lancement d’une étude préfigurative 

1En 1884, le Conseil municipal de Lacanau étudia l’avant-projet de chemin de fer proposé par Pierre Ortal et permettant l’arrivée du Train jusqu’à l’océan.

Ce moyen de transport collectif fut le vecteur du développement de la station balnéaire à partir de 1905 date de l’ouverture de la ligne exploitée par la Société générale des chemins de fer économiques.

Cette ligne Bordeaux-Lacanau Océan fut exploitée durant plusieurs décennies avant l’avènement du règne de la voiture dans les trente glorieuses et sa fermeture définitive en 1978.

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur » disait Winston Churchill

C’est pleinement imprégné de notre histoire, de l’action de ceux qui nous ont précédés et conscient des enjeux de notre temps et des décennies à venir que nous proposons aujourd’hui le lancement d’une étude sur la possibilité de créer une liaison moderne de Tram-Train entre Lacanau et la métropole bordelaise.

Cette délibération porte sur une étude préfigurative qui n’engage donc, à ce stade, à rien mais qui revêtira peut-être un caractère historique si elle est à l’origine d’un des projets les plus structurants pour Lacanau au 21ème siècle.

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L’affaire de tous !

Ecrit le 30 septembre 2015

fond_dotationLes communes de France subissent de plein fouet la décision du Gouvernement de pratiquer une baisse massive et brutale des dotations de l’Etat aux collectivités locales. Et pourtant, dans le même temps les charges et règlements nouveaux ne cessent de venir alourdir les budgets de nos villes et de nos villages.

Les conséquences de cette politique gouvernementale sont multiples : hausse de la fiscalité locale, chute de l’investissement public, atteinte au périmètre des services publics de proximité et enfin à terme, risque de faillite pour de nombreuses communes.

Face à une telle adversité, plusieurs stratégies existent pour les équipes municipales en responsabilité. Celle de l’autruche qui consiste à occulter la réalité et à continuer comme avant mène tout droit à la catastrophe financière et la mise sous tutelle de la préfecture. Celle du repli sur soi avec la réduction des services publics et l’arrêt des investissements entraîne à moyen terme un cercle vicieux qui sclérose l’économie et l’emploi du territoire. Reste la stratégie courageuse de continuer à investir, à développer l’attractivité de son territoire et de tenir l’équilibre financier par une optimisation du fonctionnement interne de la collectivité et le développement de nouvelles sources de recettes.

En matière de recettes nouvelles pour l’action communale, il faut définitivement faire tomber le tabou de l’investissement et de la participation de partenaires privés. Le développement économique et social d’un territoire est l’affaire de tous : élus, acteurs associatifs, entreprises, commerçants et bien sûr habitants !

Ainsi face à de grands enjeux, l’action municipale peut être appuyée par la levée de fonds privés. C’est dans ce cadre que nous avons créé en 2015, à Lacanau, le fonds de dotation « Lacanau Durable ».

La commune, accompagnée de personnalités et d’acteurs locaux, a ainsi participé à la création d’un outil moderne permettant de mobiliser des fonds privés en offrant en particulier des avantages fiscaux à ses donateurs.

Le fonds de dotation, Lacanau Durable, pourra ainsi venir en appui financier sur des projets d’investissement menés par la commune dans le domaine de la préservation de son littoral, de son environnement naturel et de son patrimoine bâti historique.

Cette nouvelle forme de mécénat doit permettre à tous les acteurs du territoire, les amoureux de notre station balnéaire et même aux grandes entreprises qui s’engagent dans la protection de l’environnement de participer à la préservation de notre cadre de vie et à sa transmission aux générations futures.

N’hésitez plus, devenez acteur et aidez-nous à préserver Lacanau et notre littoral aquitain !  

Cliquez-ici pour accéder au site du fonds Lacanau Durable


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CQFB sur le développement durable

Ecrit le 3 avril 2012


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Avec Jean Lassalle, une écologie humaniste

Ecrit le 19 mars 2010

saint-louis-de-montferrand

Le développement durable et l’écologie sont des thématiques très prisées de tous les partis politiques. Pour certains, c’est même leur principal fond de commerce.

En réalité, ce sujet n’est la propriété de personne et doit être la préoccupation de tous.

La liste Forces Aquitaine et Jean Lassalle ont un programme qui s’inscrit profondément dans une démarche de développement durable. Il n’est pas constitué par des mesures « gadgets » à la mode, mais il est le fruit d’une réflexion en profondeur sur le fonctionnement de notre société.

Nous avons eu, entre autres, l’occasion d’illustrer ce programme lors de la venue de Jean Lassalle à Saint Louis de Montferrand, il y a une dizaine de jours.

Durement touchés par la tempête, Jean et un grand nombre de colistiers étaient venus apporter leur soutien aux sinistrés et rencontrer les associations telle que « Vivre Avec Le Fleuve », afin d’aborder les problématiques de la presqu’île d’Ambès qui sont liées aux activités humaines en inadéquation avec cet environnement à la frontière des mondes urbains et ruraux (Usines SEVESO, destruction de la zone humide augmentant les risques d’inondation,  transport du fret routier…).

Ce territoire illustre parfaitement la nécessité de concevoir le développement durable non pas comme un affrontement entre développement humain et  protection de la nature, mais comme la reconnaissance de l’interdépendance entre les deux et la nécessité de conjuguer  ces deux objectifs.

Ainsi, si Jean Lassalle devient le prochain Président du Conseil Régional d’Aquitaine, il mettra en place un développement durable sur trois axes :

  • Protection et mise en valeur des richesses naturelles de notre région : protection des paysages (surtout dans le cadre du projet LGV) et des cultures traditionnelles (viticulture, sylviculture, ostréiculture, pêche…). Avec, également, la lutte contre la pollution et les nuisances liées au mur de camion qui traversent du nord au sud notre région (autoroute de la mer, développement du ferroutage grâce au projet LGV…)
  • Développement d’une industrie et d’emplois « verts » : véritable source de création de richesses pour notre région et d’emplois pour l’avenir (formation professionnelle dans ce domaine, création d’un cluster autour de la voiture propre, et, si nécessaire, prise de participation dans le capital de sociétés pouvant développer ces activités…)
  • La promotion d’une approche sociale du développement durable à travers les relations et les conditions de travail : Création d’un label des entreprises socialement responsables (avec des critères tels que le turnover, l’importance des CDI, la formation…)  générant une mise en valeur et un soutien financier par le Conseil Régional.

A travers ces quelques exemples succincts, c’est toute la philosophie du programme de Jean Lassalle qui transparait : une volonté de voir les responsables politiques faire preuve de davantage de proximité en assumant un rôle de leader dans la mutation nécessaire de notre société. C’est aussi se tourner résolument  vers une activité humaine, non plus à court terme et individualiste, mais qui s’inscrira dans la durée avec une conception collective du rapport aux autres et à son environnement.

Voilà de quoi faire réfléchir quelques électeurs en quête de sens…

Adrien Debever
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Copenhague, l’échec des gouvernants !

Ecrit le 22 décembre 2009

copenhagueUne mobilisation médiatique et populaire rarement vue autour de la protection de notre planète et du climat. Voilà tout ce qui restera du sommet de Copenhague.

En effet, jamais un sommet international sur le climat n’avait suscité un tel intérêt mais aussi une telle attente.

Or après des mois de battage médiatique, Copenhague a finalement donné lieu à une immense déception et à un constat d’échec cuisant.

Le résultat est incontestable : aucun accord chiffré sur une baisse des émissions de CO², aucun système contraignant de contrôle, pas de réelle aide d’envergure pour les pays en voix de développement et un blocage politique évident quand il faut négocier à 193.

Les raisons de ce terrible bilan sont multiples :

  • L’échec personnel de Barack Obama qui n’a pas été à la hauteur de ce rendez-vous et de l’espoir placé en lui. Il est resté prisonnier de son Congrès.
  • La position de la Chine (et de l’Inde également) qui refuse de ralentir sa croissance malgré les risques de surchauffe.
  • L’échec de l’Europe, sans doute la plus volontariste dans le discours mais toujours incapable de peser d’une seule voix dans le débat mondial.
  • Enfin, l’échec de la gouvernance mondiale : le concept de grande négociation à 193 est techniquement impossible, cela a été fait dans un vaste capharnaüm ouvert aux quatre vents et donc aux influences extérieures multiples, en particulier aux puissants lobbys dont les intérêts peuvent être divergents (lobbys pétrolier, automobile, fonds de placement…).

Les égoïsmes ont ainsi empêché de traiter le péril collectif.

Il faut croire que le péril n’était pas assez anxiogène pour les dirigeants du monde. Quand il a été nécessaire de sauver les banques et le système financier, nos dirigeants furent, là, beaucoup plus performants. Des conséquences plus lointaines (les générations futures) et des victimes plus loin d’eux (les futurs réfugiés climatiques les concernent moins que les détenteurs d’actifs financiers) peuvent peut-être expliquer cette différence…

En attendant, cet échec est une terrible responsabilité vis-à-vis de l’Humanité et des générations futures.

On ne peut en rester là, il faut rapidement revoir la copie. Cela passe, sans doute par une autre méthodologie mondiale.

Comme pour l’économie et la finance mondiale, le besoin de structure et de Droit mondial est urgent, il faut encadrer, dans l’intérêt collectif, les libertés individuelles. C’est la base de toute Société humaine et il faut maintenant prendre conscience que nous sommes entrés dans l’ère de la Société mondiale.

Pour la protection de notre planète commune, il serait donc souhaitable de créer un organisme international, sous l’égide de l’ONU, qui devra travailler à plein temps sur les futurs accords internationaux. Par ailleurs, des leaders doivent montrer l’exemple en premier tel que le G 20, avant de passer à des accords à 193.

Devant la médiocre performance de nos dirigeants, il faut maintenir et même augmenter la pression populaire dans le monde démocratique afin que Copenhague ne soit qu’un accident de parcours dans la sauvegarde de notre environnement.

Adrien Debever
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Europe Ecologie – Organisation Génétiquement Modifiée ?

Ecrit le 21 octobre 2009

eeIncroyable mais vrai ! Alors que la polémique Jean Sarkozy bat son plein et qu’elle suscite de plus en plus d’indignations dans l’opinion publique, Europe Ecologie, mouvement « fun et bigarré » (comme dirait Brice de Nice) nous donne une nouvelle définition des OGM.

En effet, Noël Mamère, figure médiatique de Gironde et membre des Verts, a annoncé hier dans Sud Ouest qu’il ne mènerait pas la liste Europe Ecologie en Aquitaine. Par contre, il a soumis un nom pour mener cette campagne régionale : Marie Bové !

Fille de José Bové, 34 ans, inconnue du grand public, elle travaille au groupe socialiste de la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux).

Le népotisme de droite fait donc recette à gauche et Europe Ecologie démontre que l’on peut être contre la culture agricole des OGM et posséder une organisation qui utilise des critères génétiques dans le choix de ses leaders !

Le deuxième enseignement est évidemment, la supercherie quant à l’indépendance de ce mouvement vis-à-vis du PS. En effet, Marie Bové symbolise bien une telle supercherie puisqu’elle ne travaille pas dans un groupe d’alliance Verts-PS mais dans un groupe purement PS et  est donc au service exclusif d’élus socialistes, ce qui fait une différence non négligeable.

Aujourd’hui, le positionnement politique d’Europe Ecologie ressemble ainsi davantage à une volonté de passer pour le calife à la place du calife socialiste plutôt qu’à une volonté d’affirmer une indépendance réelle.

Les idées d’Europe Ecologie n’en sont pas moins intéressantes et méritent de vrais débats. Au MoDem (Cap 21 comme les autres) nous y sommes très réceptifs et nous avons plaisir à en débattre localement avec des membres d’Europe Ecologie.

Mais aucune alliance ne sera possible dans les mois ou les années à venir si Europe Ecologie ne clarifie pas son positionnement politique.

Actuellement, le Mouvement Démocrate demeure le parti le plus indépendant (hormis les partis  extrêmes, bien entendu) vis-à-vis de l’archaïque clivage droite / gauche.

Adrien Debever
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« BASSENS OÙ EN EST-ON ? CEREXAGRI »

Ecrit le 14 septembre 2009

Près d’une centaine de personnes du monde associatif, politique ou citoyen : le projet de conditionnement du méthyl parathion, toujours en instruction, fédère… contre lui

Une alchimie d’opposants

Les débats sur la forme à donner au mouvement d'opposition au méthyl parathion. (PHOTO Y. D.)

Ils avaient prudemment disposé une trentaine de chaises devant la table des intervenants. Et ont donc été les premiers surpris du succès de la réunion : le syndicat des riverains de la Roseraie et les militants d’Europe Écologie ont rassemblé mercredi soir une petite centaine de personnes dans la salle des fêtes de Bassens. Le sujet se trouvait quelques centaines de mètres plus bas : l’atelier d’encapsulation de méthyl parathion que l’entreprise Cerexagri désire installer sur son site.

Plus que l’affluence à une réunion finalement très peu annoncée, c’est la variété de l’assistance qui était notable. Les associations tout d’abord sont venues en nombre : la Sepanso, Sabarèges, les Amis du fleuve, Greenpeace, le collectif des associations de la presqu’île d’Ambès… Intéressant de voir aussi des militants politiques : outre Europe Écologie et les Verts qu’on avait vus devant Cerexagri pendant la campagne des Européennes, l’été a vu arriver le MoDem par exemple dont Adrien Debever a proclamé le soutien à la cause anti-méthyl.

Mairie : des hauts et débats

Des élus PS d’Ambarès ou d’Artigues étaient là aussi. On remarquait Jacqueline Madrelle, femme et assistante parlementaire de son sénateur de mari : « Je suis venue en tant que citoyenne concernée », mais son époux ayant été évoqué, elle tenait à préciser qu’il était « très impliqué » sur le dossier et qu’une demande de question orale au Sénat avait été déposée.

Côté mairie de Bassens, l’élue communiste Christiane Aleu rappelait son opposition depuis le début, le premier vote du Conseil bassenais ayant été favorable d’une courte tête en mars (1). « Il y a aussi 30 emplois sur le site et il ne faut pas l’oublier », soulignait Mme Aleu. Jean-Pierre Turon était représenté par sa directrice de cabinet, Cécile Boucard, qui rappelait la deuxième délibération prise par le Conseil en juillet sur Cerexagri : le refus du conditionnement du méthyl parathion, la suggestion d’une exploitation d’un autre produit autorisé en Europe celui-là et l’avis défavorable à toute extension liée au projet des servitudes d’utilité publique. « Le maire a rencontré récemment le directeur de Cerexagri, le secrétaire général de la préfecture et le directeur de la Drire (2) sur le sujet », précisait-elle. « C’est le premier vote, consigné dans le rapport d’enquête publique, qui aura le plus de poids », lui objectait-on du côté des associations habituées à ce genre de dossier.

Nouveau collectif

Après que l’on a rappelé une nouvelle fois les dangers de cet insecticide hautement toxique (par inhalation ou ingestion) et interdit d’utilisation en Europe depuis 2003, il s’est agi de savoir quelle forme donner à ce rassemblement opposé au projet de Cerexagri. Intégrer une structure existante et compétente comme le collectif de la presqu’île d’Ambès au risque d’être moins lisible dans l’urgence ou fonder sa propre coordination qui aura l’avantage et l’inconvénient de la fraîcheur ? La question a été débattue pendant deux heures, au risque de décourager certains qui quittaient la salle, lassés…

La création d’un nouveau collectif autour des riverains était finalement décidée, « auquel sera associé celui de la presqu’île d’Ambès », précisait Charles Attard, animateur de la soirée et trésorier du syndicat des riverains de la Roseraie. Les actions seront décidées en aval, la première étant déjà dans les têtes : sensibiliser la préfecture…

(1) 12 voix pour, 10 abstentions, sept contre au sein d’une assemblée issue d’une seule et même liste électorale en 2008. (2) Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement

Après le rapport d’enquête publique (favorable, assorti de trois recommandations), le dossier Cerexagri est en instruction dans les services de l’État. Dernier rebondissement, assez classique sur ce genre de sujet « très sensible » : la Drire a commandé une tierce expertise qui est en cours de réalisation. Dans quelques semaines, le comité départemental des risques technologiques (Codert) devrait être en mesure de rendre son avis. Le préfet, en suite, prendra sa décision.

Auteur : YANNICK DELNESTE

Source: Sud Ouest du 11/09/09

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Sur ce sujet, lire également l’article suivant : Le développement durable à l’épreuve du terrain…


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L’autre taxe carbone : la bénéfique

Ecrit le 18 août 2009

aberration_environnementale_et_economiqueComme je l’ai démontré dans mon précédent article, la taxe carbone que nous prépare le gouvernement, suite au rapport de Michel Rocard, sera injuste et peu efficace au regard de la protection de l’environnement.

C’est bien dommage car l’idée d’une taxe carbone est intéressante, à condition que nos dirigeants n’y voient pas là un impôt nouveau facile à faire accepter en ces temps de déficits publics abyssaux.

Une taxe carbone bien pensée, à la bonne échelle, peut être un outil de moralisation de l’économie mondiale dont nous avons tant besoin actuellement.

Pour que cela soit efficace, le niveau de prélèvement de cette taxe doit être l’Europe. C’est le plus grand marché de consommation au monde, son impact sur l’économie mondiale est donc majeur.

Cette taxe doit, par ailleurs, se baser sur le bilan carbone de tous les produits manufacturés comme alimentaires, et pas juste stigmatiser certains. Ce bilan carbone correspond à une traçabilité des rejets de CO² dans l’atmosphère que génère chaque produit pour arriver devant le consommateur final (ce processus offrant aussi une certaine garantie de qualité comme pour la viande). Il faut donc prendre en compte les matières premières utilisées, le processus de production, le transport et la distribution.

A partir de là, il faut créer une « échelle carbone » avec 4 ou 5 niveaux, claire, simple et visible pour le consommateur final. La taxe serait alors évolutive sur les niveaux les plus hauts (les plus polluants). Sa forme technique peut être multiple, comme par exemple des points de TVA supplémentaires dont les recettes pourraient ainsi être versées à l’Union Européenne dans un fond spécifique.

En corollaire à cette taxe, les gouvernements devront mettre en place des mesures incitatives afin que la grande distribution joue le jeu et propose dans ses linaires des produits à différents niveaux sur l’échelle carbone (au nom de la concurrence loyale…).

Grâce à ce système, le consommateur pourra pleinement mesurer l’impact de sa consommation sur l’environnement et il sera poussé financièrement à modifier certaines habitudes alimentaires telles que la consommation hors saison des fruits et légumes (venant de très loin, ils seront taxés).

Par ailleurs, l’industrie locale et européenne devraient trouver là un contre-balancement au dumping social du grand import (le transport par ces monstrueux porte-conteneurs entraînant une taxation qui mangera en partie l’intérêt d’une main d’œuvre sous payée) et être récompensée pour ses efforts dans les processus de production propre (ainsi par exemple : gain de compétitivité par rapport à la production américaine).

Enfin, le nouveau fond européen, ainsi constitué, devra servir directement ou indirectement (via les Conseils Régionaux et les fonds FEDER) à financer : la recherche sur les technologies d’énergies renouvelables (surtout pour l’automobile), des programmes de ferroutage au niveau européen, des aides à l’implantation d’une industrie verte partout en Europe ou bien encore des aides aux particuliers qui souhaitent opter pour un habitat faiblement consommateur d’énergie…

Après la soi-disant vague verte des élections européennes de juin dernier, il devrait être possible de voir aboutir ce genre de mesure au niveau des organes de l’Union Européenne !?

Cette conception de la taxe carbone peut, en tout cas, être un formidable outil de moralisation sur le plan environnemental de l’économie mondiale, en attendant une moralisation sociale…

Adrien Debever

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La supercherie de la taxe carbone « Sarko-Rocardienne » !

Ecrit le 30 juillet 2009

rocardIl y a deux jours, Michel Rocard (encore un mercenaire people du gouvernement) a remis son rapport sur la mise en place d’une taxe carbone pour 2010.

L’objectif annoncé est de respecter l’engagement de la France qui consiste à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Cette nouvelle taxe doit ainsi inciter les consommateurs à adopter des comportements plus vertueux d’un point de vue écologique en agissant sur les prix. Les produits visés seront ceux basés sur les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), c’est-à-dire pour les ménages : le prix du chauffage au gaz (environ + 15%) et le prix du carburant à la pompe (environ + 8 centimes).

Si on décrypte cette nouvelle taxe présentée comme vertueuse, on pourrait bien trouver là un nouvel impôt très injuste.

En effet, qui seront les principales victimes de cette taxe ?

Les conducteurs de voiture, principalement dans le monde rural où les alternatives n’existent pas et où les distances peuvent être importantes. Ainsi que les foyers se chauffant au gaz et au fioul.

Or, dans ces deux cas, ce sont les foyers les plus modestes et les classes moyennes (basses) qui seront touchés de plein fouet. Ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des voitures moins gourmandes, ceux qui n’ont pas les moyens de financer des travaux d’isolation et de chauffage durable et enfin tous ceux qui n’ont pas accès à la propriété immobilière et qui sont des locataires dépendants du bon vouloir d’un propriétaire.

Par ailleurs, cette taxe portant sur la consommation d’éléments essentiels (logement et transport) sera proportionnellement d’avantage supportée par les ménages les moins riches, puisque leur budget est en grande partie consacré à la consommation, contrairement à celui des plus riches (qui épargnent plus).

Alors bien sûr, en bon socialiste français, Michel Rocard évoque la possibilité de reversement vers les plus fragiles sous forme de « chèque vert ». Non seulement ces chèques sont loin d’être acceptés par le gouvernement (Eric Woerth en tête) mais c’est toujours le même processus archaïque de la gauche française : on ponctionne d’abord avant de rendre l’argent mais par le biais de l’assistanat…

A ce petit jeu, selon Michel Rocard, toutes les sommes récoltées seront redistribuées aux contribuables (encore une fois ce n’est sûrement pas le but du gouvernement) mais il y aura à coup sûr un perdant : la classe moyenne (qui endosse ce rôle trop souvent depuis 30 ans), qui n’aura pas droit aux compensations (pas assez pauvre !) et qui n’aura pas les moyens d’éviter la taxe (pas assez riche pour des investissements lourds dans leur logement ou leur voiture).

En résumé, cette taxe est surtout un impôt nouveau qui sera injustement supporté par la classe moyenne et les plus fragiles. Les compensations éventuelles ne seront pas durables ni suffisantes, elles seront l’objet de frais de fonctionnement et de gaspillages inévitables, voire de logiques électoralistes.

L’objectif de protection de la nature ressemble plus à un prétexte inespéré pour le gouvernement pour faire passer un nouvel impôt dont il a bien besoin en ces temps de déficit public abyssal.

Car du point de vu de la baisse des émissions de CO², cette taxe risque d’être très peu efficace : la plupart des redevables ne seront pas en mesure de modifier leur mode vie soit pour des raisons financières soit pour des raisons géographiques.

Pour faire baisser les émissions de CO², il y a des actions bien plus pertinentes qu’une taxe. Ainsi contre la pollution automobile :

  • Continuer à développer, dans les grandes villes, des tramways qui empêchent structurellement l’accès des voitures au centre ville tout en offrant une alternative de déplacement.

  • Aider et inciter la recherche dans le domaine des véhicules propres. La voiture n’est pas un mode de déplacement à bannir, en particulier dans la ruralité, mais il faut à terme qu’elle ne fonctionne plus au pétrole.
  • Développer des infrastructures de substitution pour le transport longue distance de marchandise, en particulier privilégier le ferroutage aux camions.

Concernant les émissions de CO² issues des logements, l’évolution ne peut être que très progressive pour le bâti mais peut être rendue obligatoire pour les constructions à venir (les surcoûts pouvant être absorbés par les économies d’échelle). Dans ce domaine, il faut sans doute privilégier des actions incitatives (exonérations fiscales, qui ont déjà un réel succès) plutôt que les punitions fiscales.

Enfin, l’idée d’une taxe carbone reste intéressante mais avec une définition, un cadre et un ciblage tout à fait différent. Elle peut être l’outil d’un système très ambitieux avec à terme une moralisation de la production mondiale…mais cela est un vaste sujet qui mérite un article à part entière… A suivre.

Adrien Debever

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Le développement durable à l’épreuve du terrain…

Ecrit le 19 juin 2009

cerexagri_bassensA Bassens (4ème circonscription de la Gironde), la société Cerexagri souhaite depuis plusieurs mois étendre ses activités en procédant au micro-encapsulage d’un pesticide : le methyl-parathion. D’une toxicité importante, ce produit est interdit d’utilisation en France et dans l’Union Européenne !

Il est cependant encore commercialisé dans certains pays tels que la Turquie, l’Australie ou les Etats-Unis.

Le projet de Cerexagri a été soumis à une enquête publique (terminée à la mi-mars) à l’issue de laquelle le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable pour la demande d’exploitation.

Au niveau du Conseil Municipal de Bassens (majorité de gauche), le projet fut, de la même manière, approuvé, alors que l’ensemble des communes consultées aux alentours ont voté contre.

Ce dossier a poursuivi son chemin en passant par la DRIRE avant que le préfet ne le valide. Finalement, ce sont les importants mouvements de protestation des riverains qui retardent aujourd’hui ce projet.

Voici un cas symptomatique, à l’heure où tout le monde semble brusquement converti au développement durable sous l’effet d’un film (fort judicieusement programmé) et d’une surprise électorale, on constate que sur le terrain les choses ne sont pas si évidentes…

En effet, sous la pression de quelques emplois supplémentaires (guère plus, ne rêvons pas !) et de certains intérêts financiers, toute l’échelle des organismes étatiques aussi bien que l’ensemble des pouvoirs publiques locaux sont en train d’accepter une aberration.

Comment peut-on discuter sur le bien fondé de développer une production dont la vente est interdite en France et dans l’UE. Il faut en finir avec les doubles discours et l’hypocrisie. Sous prétexte que des pays sont en retard sur le plan des normes environnementales, on ne peut accepter une démarche schizophrénique et jouer au dumping écologique !

Adrien Debever

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